Dans son rapport « La fraude aux cartes grises. Les dérives d’une externalisation non maîtrisée. L’impératif d’une reprise en mains urgente par l’État » (1), la CDC dresse un réquisitoire impitoyable contre l’une des mesures ‘’phares’’ du sinistre ‘’Plan Préfecture nouvelle génération’’ (PPNG), qui « a conduit en 2017 à une dématérialisation complète des démarches d’immatriculation des véhicules et à une externalisation massive des opérations d’enregistrement dans le système d’immatriculation des véhicules (SIV) au profit d’opérateurs privés, notamment des professionnels de l’automobile, qualifiés de « tiers de confiance » (page 5).
Avec pour corollaire, une purge massive dans les effectifs de 1 450 postes : « Dans le cadre du plan Préfecture nouvelle génération, la refonte du réseau territorial a conduit à la suppression de près de 150 guichets « cartes grises » employant 1 900 agents, au profit d’un maillage réduit de 9 CERT (2) et 450 collaborateurs »(page 13).
RENFORCEMENT DE LA FRAUDE
Mais l’intérêt principal de ce rapport provient de son constat de l’inefficacité de ce système, dont l’un des attraits vendus était pourtant sa capacité à mieux lutter contre la fraude aux documents – « l’une des quatre missions prioritaires des services territoriaux identifiées dans le cadre du PPNG » (page 7) qui l’a en fait…renforcer : « Motivée par la recherche d’une simplification pour l’usager et d’une rationalisation des effectifs au sein des préfectures, cette réforme majeure a ouvert dans la chaîne de délivrance des certificats d’immatriculation des véhicules (CIV) de multiples failles propices au développement de la fraude » (page 15).
C’est tout le contraire qui s’est produit puisque « ce choix a ouvert la porte à des fraudes d’une ampleur considérable, qui profitent autant à la petite délinquance qu’au crime organisé » (page 35).
Des fraudes d’ampleur dont l’origine et la responsabilité sont clairement identifiées par la CDC, celle du ministère de l’intérieur, ayant agi de manière délibérée : « De nombreux opérateurs privés ont ainsi pu bénéficier d’une habilitation d’accès direct au SIV […] Cette large ouverture, voulue par le ministère de l’intérieur, s’est opérée au prix de formalités délibérément peu contraignantes dictées par une logique de « confiance a priori ». Les pièces justificatives demandées aux candidats sont peu nombreuses et l’entretien préalable, pourtant recommandé, est rarement effectué » (page 5). « Le ministère de l’intérieur a ainsi laissé prospérer de nombreux comportements frauduleux » (page 6).
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